Dysfonction Temporo-Mandibulaire

Dysfonction Temporo-Mandibulaire

Introduction

Les dysfonctions temporo-mandibulaires (DTM) représentent après les douleurs d’origines dentaires la cause la plus fréquente de douleurs oro-faciales.

Cette pathologie a été nommée de nombreuses façons : syndrome de Costen, syndrome myofascial, Désordre Temporo-Mandibulaire, Désordre Cranio-Mandibulaire (DCM), Syndrome Algo Dysfonctionnel de l’Appareil Manducateur (SADAM), Algies et Dysfonctionnement de l’Appareil Manducateur (ADAM), Troubles musculo-squelettiques de l’appareil manducateur, Dysfonctionnements de l’Appareil Manducateur (DAM).

Dans un soucis d’harmonisation internationale, elle est actuellement dénommée dysfonction temporo-mandibulaire.

DTM définition

Une Dysfonction Temporo-Mandibulaire (DTM) est définie comme un trouble mandibulaire
dysfonctionnel, expression d’une atteinte musculaire ou et ou articulaire de l’appareil masticatoire.

Les DTM présentent des formes articulaires, des formes musculaires et elles sont souvent
combinées en musculo-articulaires. Le diagnostic des DTM est défini par la présence d’au moins un de ces trois signes :

– Bruits au niveau des articulations temporo-mandibulaires au cours des mouvements mandibulaires (claquement, craquement ou crépitation).

– douleurs faciales modulées par la fonction mandibulaire il peut s’agir de douleurs articulaire et ou de douleurs musculaires.

– anomalie de la cinématique mandibulaire : limitation, déviation ou déflexion des mouvements normaux de la mandibule.

Une revue, basée sur 6 études de cohorte issues de 5 pays, a montré que la douleur dans la région temporo-mandibulaire affectait 11.3% des femmes et 6.5% des hommes. Des données épidémiologiques suédoises ont confirmé cette prévalence : 12.7% chez les femmes et 6.7% chez les hommes.

Rappel anatomique

Afin de comprendre cette pathologie, il est nécessaire d’avoir quelques notions d’anatomie de la zone en question. Il s’agit globalement des mâchoires du haut et du bas, des articulations qui permettent les mouvements de la mâchoire du bas par rapport à celle du haut et des muscles qui actionnent ces même mouvements.

Les os

Les os maxillaires soutiennent les dents de l’arcade dentaire du haut. La mandibule, seul os mobile de la face soutient l’arcade dentaire du bas.

Les articulations temporo-mandibulaires

Elles unissent la mandibule aux os temporaux, elles sont paires et symétriques. Elles permettent les mouvement de la mandibule par rapport aux os maxillaires.

Elles comportent en leur sein un disque articulaire cartilagineux qui facilite les mouvements et qui reparti les contraintes des surfaces articulaires. La fonction de ce disque articulaire est semblable à celle des ménisques des genoux.

Les muscles

Leur contraction entraîne un mouvement de la mandibule. On distingue les muscles élévateurs de la mandibule, qui ferment les mâchoires.
– muscles temporaux au niveau des tempes
– muscles masseters au niveau des angles de la mandibule
– muscles pterygoidiens médiaux équivalents aux masséter au niveau interne

Les muscles abaisseurs abaisseurs de la mandibule, qui ouvrent les mâchoires.
– muscle digastrique
– muscle mylo hyoidien
– muscle genio hyoidien

Et il y a les ptérygoïdiens latéraux qui ont un rôle à la fois complexe et essentiel. ils possèdent 2 faisceaux et s’insèrent notamment sur le disque articulaire.

L’articulé dentaire

il s’agit de la manière dont l’arcade dentaire du bas s’articule avec l’arcade dentaire du haut lorsque les mâchoires se ferment. Il est dépendant de la manière dont la mandibule fait face aux maxillaire mais aussi de la manière dont les dents de l’arcade du haut fait face aux dents de l’arcade du bas.

Causes

Le bruxisme est la cause la plus fréquente de DTM. Il s’agit de contractions involontaires répétitives des muscles masticateurs sans objectif alimentaire. Ces contractions peuvent occasionner différents mouvements des mâchoires l’une par rapport à l’autre tels que : des serrements, des grincements, des mouvements toniques, des mouvements d’avancée/recul de la mâchoire du bas. Ces contractions peuvent avoir lieu la journée ou la nuit.

Avec le temps ces contractions « inutiles » d’un point de vue fonctionnel retentissent de manière néfaste sur les articulations, les muscles et les dents.

Les troubles de l’articulé dentaire peuvent dans certains cas entraîner des contraintes au niveau des articulations temporo-mandibulaire et mettre en place des schémas réflexes de positionnement mandibulaire avec sollicitations articulaires et musculaires devenant à terme pathologiques. Un exemple qui pourrait se rapprocher de ce phénomène est celui d’une chaise bancale dont la structure est fragilisée si elle est soumise à des contraintes répétées.

Evolution

L’évolution à long terme des DTM est aléatoire. Les symptômes peuvent être stabilisés et régresser avec un traitement adapté ; l’idéal étant également d’en maîtriser les causes ce qui n’est pas toujours possible.

Traitements

Les traitement médicamenteux

les traitements médicamenteux sont pour la plupart symptomatiques, ils ne traitent pas la cause. Il s’agit d’antalgiques, d’anti-inflammatoires et de myorelaxants.

La kinésithérapie/rééducation

La kinésithérapie diminue les douleurs musculaires par le biais de massages. La rééducation permet de reconditionner le patient.
– Relaxer les muscles masticateurs
– Observer et réduire les parafonctions
– Éviter des mouvements mandibulaires excessifs
– Maintenir une alimentation molle et mastiquer avec précaution lors des épisodes douloureux
– Mastication alternée
– Améliorer sa posture et son sommeil

La toxine botulique

Ce traitement est très efficace lorsque le bruxisme est à l’origine des DTM. Le traitement repose sur la paralysie partielle des muscles masticateurs par la toxine botulique. Cette toxine est injectée par voie transcutanée au niveau de muscles masticateurs.

Le plus souvent les muscles injectés sont : les temporaux et les masseters. Ces injections en fonction de la dose administrée permettent de diminuer nettement la force de ces muscles. Cela ne supprime pas les contractions musculaires mais en diminue notablement l’intensité ce qui diminue les conséquences du bruxisme

Les gouttières et les ré-équilibrations occlusales

Il existe plusieurs types de gouttière pouvant être utiles dans les DTM, cependant il n’est pas recommandé de les utiliser sur le long terme. Le recours à un dentiste afin de corriger un trouble de l’articulé dentaire peut être judicieux dans certains cas.

La chirurgie

Le recours à la chirurgie dans les DTM est exceptionnel. Il ne se conçoit que dans des cas très particuliers et notamment s’il existe des anomalies gênantes et importantes des rapports osseux entre les mâchoires.