Génioplastie

Génioplastie

La génioplastie permet de modifier la position du menton et de la lèvre inférieure qui s’y rattache par rapport à la mâchoire du bas et au reste de la face. Une lèvre inférieure mal positionnée par rapport aux dents peut engendrer des contraintes sur celles-ci et les déplacer au même titre que l’orthodontie qui par des forces douces et continues déplace les dents. C’est pour cette raison que dans le cadre de la chirurgie orthognatique la génioplastie est envisagée et réalisée pour des raisons fonctionnelles même si son impact esthétique est non négligeable.

Déroulement de l’intervention

Cette intervention est pratiquée sous anesthésie générale. Hors complication per-opératoire il n’existe aucune cicatrice cutanée puisque l’intégralité des abords chirurgicaux est réalisé dans la bouche.

Après avoir incisé la muqueuse derrière la lèvre inférieure, l’os du menton est coupé en protégeant les nerfs alvéolaires inférieurs qui sont responsables de la sensibilité de la lèvre et qui passent à proximité. La portion mobile du menton est positionnée selon l’analyse céphalométrique du patient puis fixée à l’aide d’un mini plaque et de mini vis.

L’abord chirurgical est suturé avec des fils résorbables et des bandes compressives sont mises en place au niveau du menton afin de diminuer le risque d’hématome.

Conséquences

L’aspect du visage s’en trouve nécessairement modifié et il faut bien en avoir pris conscience avant d’envisager ce type d’intervention.

La mini plaques est invisible après l’intervention puisqu’elle est au contact de l’os et recouvertes par la muqueuse. Elle permet de stabiliser le fragment osseux déplacé dans la position voulue. Cependant elle n’est pas aussi solide que l’os naturel et par conséquent il est souhaitable de ne pas forcer dessus tant que l’os n’a pas cicatrisé. Une absence d’activité a risque de traumatisme sur la mâchoire pendant 3 mois sont nécessaires après l’intervention.

Suites opératoires habituelles et soins post opératoires

Ce type d’intervention nécessite en règle général une hospitalisation de 2 jours.

Le gonflement du visage peut être très important, il est maximal à 48h de l’intervention et s’estompe progressivement en 2 semaines. Raison pour laquelle une éviction sociale et un arrêt de travail pendant cette période sont conseillés.

La douleur au niveau des zones opérées cède souvent avec les médicaments antalgiques et disparaît en quelques jours.

Des vessies de glace enrobées d’un linge (pas directement sur la peau) diminuent le gonflement et la douleur.

Il est fréquent que de petits saignements persistent pendant les quelques jours suivant l’intervention. Le traitement consiste à effectuer des bains de bouche à l’eau glacée.

Malgré toute l’attention qui lui est portée le nerf alvéolaire inférieur évoqué plus haut est très souvent traumatisé au cours de l’intervention ce qui se traduit non pas par des douleurs mais par une insensibilité des territoires qui sont sous sa dépendance. La sensibilité revient spontanément en quelques semaines.

Les fils de sutures sont résorbables et tombent tout seuls à partir de 15 jours. Une brosse à dent chirurgicale très douce est prescrite afin de les nettoyer et éviter qu’ils ne deviennent irritants du fait de la présence de plaque dentaire.

Une bonne hygiène buccale est indispensable pour que la cicatrisation se fasse sans complication. Après chaque repas, les dents et les gencives devront être nettoyées par brossage. Des bains de bouche sont prescrits en complément du brossage.

L’alimentation ne doit pas être dure pendant les 6 semaines suivant l’intervention sous peine de tordre ou de desceller les mini plaques. Par ailleurs manger des aliments durs sur les abords chirurgicaux est douloureux et favorise les infections. Plus précisément : pendant les 2 premiers jours, l’alimentation doit être molle, tiède ou froide. Puis pendant les 12 jours suivants Il faut éviter les aliments très salée ou très acide. Éviter également les aliments blessants : biscottes, pain grillé, chips…Éviter aussi les aliments très petits qui pourraient s’immiscer entre les points et créer des infections : semoule, cacahuètes, riz, petits pois… Et enfin poursuivre pendant 4 semaines par une alimentation molle pour au total assurer à l’os en cours de cicatrisation une absence de traumatisme alimentaire de 6 semaines. Vous trouverez sur le site https://docteurwajszczak.fr/conseils/ des idées de recettes pouvant vous convenir après ce type de chirurgie.

Le tabac est à proscrire dans les suites de l’intervention, il diminue la cicatrisation muqueuse et osseuse, favorise les infections et augmente les douleurs post opératoire. L’alcool n’est pas compatible avec les médicaments prescrits en post opératoire et est interdit également.

La mini plaque et les mini vis implantées pour stabiliser les fragments osseux peuvent être palpables et devenir gênantes. C’est pour cette raison qu’il est conseillé de les enlever une fois l’os cicatrisé (entre 6 mois et 1 an). Cette intervention est réalisée sous anesthésie générale également mais il s’agit d’un acte beaucoup plus léger que celui ayant occasionné leur pose et réalisé le plus souvent en ambulatoire.

Plusieurs consultations de contrôles sont réalisées dans les suites de l’intervention tant par le chirurgien maxillo-facial. Elles permettent de s’assurer de la bonne évolution des suites opératoires.

Les ordonnances post opératoires sont données la plupart du temps avant l’intervention. Cela permet d’aller chercher les médicaments post opératoires avant la chirurgie et de pouvoir en disposer directement le jour de la sortie de la clinique.

Les bandes compressives sont à enlever à 48h de l’intervention.

Risques et complications

Tout acte médical, même bien conduit, recèle un risque de complications. Il ne faut pas hésiter à prendre contact avec l’équipe chirurgicale qui vous a pris en charge, ou les urgences de la clinique ou contactez le 15 en cas d’urgence grave.

Il peut s’agir de complications rares :

Les points de sutures tombent tous seul et en règle général la muqueuse est déjà cicatrisée. Cependant s’ils tombent prématurément ou si la muqueuse n’est pas cicatrisée l’abord chirurgical peut se rouvrir. Si cette désunion des points occasionne une petite ouverture celle-ci cicatrisera spontanément mais ce la prendra un peu de temps. En revanche si la désunion est importante il sera nécessaire de remettre des points.

Une infection des tissus mous de la joue (cellulite) peut survenir quelques jours voire 2 à 3 semaines après l’intervention. Elle est consécutive à la stagnations de résidus alimentaires dans l’abord chirurgical. Elle cède par un traitement antibiotique adapté, exceptionnellement il peut être nécessaire de procéder à une intervention chirurgicale pour drainer un abcès si la cellulite se complique.

S’il existe une fragilité des articulations temporo-mandibulaire l’intervention peut décompenser celle-ci et provoquer une limitation de l’ouverture buccale, des douleurs, et des craquements articulaires. Dans l’immense majorité des cas tout rentre dans l’ordre en quelques semaines.

Ou de complications exceptionnelles :

Un hématome peut survenir dans les suites opératoire. S’il est de petite taille il se résorbera spontanément en revanche s’il est important il sera nécessaire de l’évacuer chirurgicalement. La complication rarissime mais grave demeure l’hématome du plancher buccal, il peut refouler la langue en arrière et obstruer les voies aériennes, il doit être évacué en urgence.

Le nerf alvéolaire peut être lésé de manière importante ou sectionné au cours de l’intervention. Cela peut occasionner une anesthésie définitive des moitiés de l’arcade dentaire, de la lèvre inférieure et du menton lui correspondant. Par ailleurs ce même nerf en cas de lésion importante peut cicatriser sur un mode douloureux. Plus rare encore les nerfs moteurs de la lèvre inférieure peuvent être traumatisés et engendrer une paralysie de celle-ci temporaire ou anecdotiquement définitive.

Retard ou absence de consolidation osseuse: très rare, elle nécessite de réaliser une nouvelle intervention avec parfois une greffe osseuse.

Un traumatisme survenant sur la mini plaque alors que l’os n’est pas encore bien cicatrisé peut la tordre, la desceller ou la casser. Il est alors nécessaire de remplacer cette plaque et cela se fait sous anesthésie générale.

Au total, il ne faut pas surévaluer les risques, mais simplement prendre conscience qu’une intervention chirurgicale, même apparemment simple, comporte toujours une petite part d’aléas.

Il est très important d’apporter le jour de l’intervention : les modèles d’étude en plâtre, toutes les radiographies : panoramiques dentaires, téléradiographies craniofaciales de face et de profil et le scanner s’il en avait été prescrit un. Sans ces éléments l’intervention ne pourra pas être réalisée.